Corpus des fabriques de sociologie

Ce corpus réunit les textes et articles des acteurs des Fabriques et dessinera progressivement le paysage intellectuel des Fabriques de sociologie – une sensibilité de recherche que nous préférons voir émerger de cette façon, par l’entrelacement des écritures et des problématiques singulières, plutôt que sous la forme d’un manifeste artificiellement fédérateur.

Les acteurs des Fabriques s’inscrivent dans une diversité de filiations théoriques ; ils travaillent dans des “disciplines” différentes (sciences de l’éducation, art, architecture, éducation, graffiti, intervention sociale, sciences de l’environnement, roller urbain, sociologie, graphisme, philosophie politique, études littéraires…) mais revendiquent leur transversalité et leur interdisciplinarité, voire une radicale indisciplinarité, sans oublier nombre d’entre nous devenus très hybrides ou restant très attachés à leur autodidaxie. Il nous semble donc préférable de laisser vivre et s’épanouir cette pluralité. Ce corpus de texte sera le reflet de notre diversité, une diversité qui nous ne empêche nullement de faire commun autour d’une conception émancipatrice et collaborative de la recherche, et de converger dans une recherche critique qui ne prétend pas « savoir » à la place des autres.

Les chercheurs et le problème de la réalité

La rédaction de cet article a été motivée par un échange avec Pascal Nicolas-Le Strat (Professeur en sciences de l’éducation à l’Université de Paris 8), à propos d’un texte en cours d’écriture abordant la question de l’invention par les chercheurs de termes spécialisés qui « requalifient une part de réalité » et leur fait courir le risque de « réinventer […] la réalité qu’ils tentent d’appréhender ».

L’article expose des travaux portant sur le « statut de réalité » des descriptions sociologiques et les caractéristiques du langage commun.
A l’aide d’un modèle théorique, appliqué à des exemples d’expressions particulières (Saleté-propreté et Insécurité), la chercheuse met en lumière le risque que représente le fait de négliger la nature de la « réalité de sens commun » et montre en quoi sa prise en compte permet de modifier le « cadre d’interprétation » de la problématique étudiée.

Le présent texte est à paraître dans le revue Agencements : Recherches et pratiques sociales en expérimentation – N°6, mars 2021 – Éditions du commun.

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Faire terrain (de recherche) dans, par, contre l’institution

Faire terrain (de recherche) dans, par, contre l’institution
Contributions au séminaire Faire commun en recherche, 3 mars 2017, laboratoire Experice – Paris 8 & Réseau des Fabriques de sociologie, animé par Pascal Nicolas-Le Strat

Régis GARCIA (doctorant, Experice – Paris 8) et Sébastien JOFFRES (doctorant, Université Montpellier 3) Continuer la lecture de Faire terrain (de recherche) dans, par, contre l’institution

Une recherche à l’épreuve de ses traductions – mise en récit d’une recherche-expérimentation dans le cadre d’un dispositif Cifre

Cet article s’inscrit dans la suite du colloque 2017 du laboratoire en science de l’éducation Experice (Expérience Ressources Culturelles Éducation, Université Paris 8 / Université Paris 13 / Université de Pau et des Pays de l’Adour (UPPA)), à l’occasion duquel j’ai eu la chance de pouvoir proposer une communication.

J’ai reçu l’appel à communication pour ce colloque intitulé « Pratiques sociales et apprentissages », et en particulier pour l’atelier « Pratiques de recherche, expériences de chercheur », comme une invitation à raconter, à mettre en récit nos expériences et nos pratiques de recherche, à les documenter pour faire apparaître la manière dont elles se construisent, se fabriquent. Continuer la lecture de Une recherche à l’épreuve de ses traductions – mise en récit d’une recherche-expérimentation dans le cadre d’un dispositif Cifre

Croiser habitat et culture, deux objets pour une cible : De la mise en commun à la production de commun, projet, démarche et processus

C’est en creusant ce qu’il y a de plus singulier dans une enquête qu’on parvient dans une logique de « montée en latéralité » [1] à le comparer, à le confronter, pour qu’apparaisse et se développe un axe. C’est ainsi qu’est née notre discussion sur la notion du commun. Croiser deux champs de recherche revient à faire dialoguer deux démarches. Notre écriture à quatre mains s’est imposée à notre échange, le rendant fluide par un tuilage de nos réflexions respectives, le prolongeant au-delà de nos propres questions. Nous l’avons voulue comme introduction à notre journée d’étude « Des lieux du commun » [2]. Pour prendre connaissance du texte de Soaz Jolivet et Pierre Servain : Croiser habitat et culture, deux objets pour une cible : De la mise en commun à la production de commun, projet, démarche et processus, mars 2017 

[1] Nicolas-Le Strat, Pascal, La transmission des expériences collectives, http://www.pnls.fabriquesdesociologie.net/la-transmission-des-experiences-collectives/, mis en ligne le 18 septembre 2014. [2] Journée d’étude « Des lieux du commun. Habitat, culture, arts, sciences, politique : comment créer du commun pour construire de vrais changements de société ? », 6 avril 2017, Faculté Victor Segalen, Brest

René Lourau, Henri Lefebvre et l’analyse du monstre froid

Lettre aux lecteurs éventuels à propos du contexte émotionnel dans lequel j’ai composé ce texte

Ce n’est pas pour le simple plaisir du détournement que je reprends le titre de la lettre que René Lourau avait placé en avant propos de son introduction à L’État-Inconscient. J’introduis ici quelques éléments qui permettront de situer l’écriture de ce texte dans une période, l’année universitaire 2015/2016, et plus encore dans un moment, le moment de la mobilisation, de l’opposition, de l’expérimentation, le moment instituant. Continuer la lecture de René Lourau, Henri Lefebvre et l’analyse du monstre froid